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Horror Metal - USA - 11 Mars 2016 - 13 titres – 41 minutes

Là, c’est nickel, je veux dire, de l’emballage au contenu. J’ai vu cette pochette, ce nom de groupe, ce titre d’album, et je SAVAIS que je ne pouvais pas passer à côté, surtout pas moi. Et puis un combo qui commence son album par la fin avec un « (Spoiler) Everybody Dies At The End » mérite mon respect le plus absolu.

Bio ?

Bio.

Pour l’amour de la VONST d’ailleurs, je vous la laisse dans son anglais d’origine.

 

« The Ferox clan started (as far as anyone knows) back at the turn of the 19th century.  The original Ferox Bros. Band consisted of Malachi Ferox, the great-great Grandfather of the current line-up as well as his 3 brothers, Joseph, Paul and Zeb.  Their music style was far from anything resembling "rock 'n' roll", the original brothers played what now would be considered folk/blues.  The Ferox Brothers' music evolved through every line-up change. The current incarnation of the band consists of: Franky Ferox on guitar, Paulie Ferox on bass, Zachy "Zacula" Ferox on drums, and Freddie Ferox on vocals. Said to be feral desert folk, the history of the Ferox brothers is surrounded by mystery, death and even rumors of cannibalism.»

 

A peine commencée, et déjà l’histoire me sied. Parce qu’ici, tout pue l’hommage révérencieux à plein nez, certainement défoncé par la gnole bon marché.

De la pochette figeant l’ignoble professeur Freudstein qu’on retrouvait dans La Maison Près du Cimetière de FULCI, au nom même du groupe qui cite le maestro dans le texte, jusqu’au VCR fier et presque flambant neuf, en passant par le filtre de l’image, nous sommes là en plein revival Gore des années 80, ce qui tombe bien puisque nous sommes tous, nous, fans de Hard Rock, d’indécrottables amateurs d’horreur, mais la bonne, la vraie, la seule, celle des seventies et eighties, qui ne s’embarrassait pas encore de CGI made in Première pro. Et Splatter Generation, c’est ça. Le grain de la pellicule, presque du Super 8 dans l’esprit, mais maniée par de véritables amoureux du genre, qui n’ont pas oublié à quel point une éviscération peut être jouissive si le ventre gonfle juste au moment du choc pour laisser s’échapper un bon kilo de viscères fraichement achetées au boucher du coin.

Bon, les références sont là. Fulci évidemment, mais aussi pour la bonne bouche, les clins d’œil en passage obligé tel cet hommage au séminal et violent Thriller sur le costaud « They Call Her One Eye », justement un des plus accrocheurs du lot, avec son Hard Rock délicatement vintage et ses riffs tronçonnés mais bien huilés. Mais parlons musique, puisqu’il en est question quand même. Difficile de classer les originaires de Reno, qui à n’en point douter ont bien du tuer plusieurs mecs pour les voir crever, tant ils s’amusent à brouiller les radars en bouffant à tous les râteliers.

Du Shock Rock, version Shock Metal,  pas vraiment COOPER mais plutôt un genre de bâtard congénital accouché à la suite d’un accident de capote entre les MISFITS, DANZIG, WHITE ZOMBIE et MOTORHEAD (« Freudstein »), qui butine les tripes de ses victimes, de tous âges et sexes.

Du Rock bien sûr, tantôt bien lourdaud mais souvent costaud (« 7 Doors Of Death » et sa version Thrash bien dégueulasse à la BULLDOZER de l’Aldila de Lucio, encore), parfois un peu groovy mais carrément noirci (« House Of Clocks », un peu Stoner mais pas trop), des références sci-fi déjantées qui rappellent le Heavy/Speed des 80’s (« Alien Contamination », merci Luigi Cozzi et des groupes comme CROSSFIRE ou DR MASTERMIND), un peu de poésie Core sur laquelle la rythmique colle des rimes asymétriques (« Dead Girls Are Easy », hymne des hillbillies un peu tarés qui aiment se retrouver sur un refrain fortement psychotisé et alcoolisé), et même du Rock N’Roll de bal de fin d’année, avec orchestre Psychobilly mené par le crooner Glenn Danzig qui cite les RAMONES et célèbre les CRAMPS (« Nightmare In A Damaged Brain »).

 

Le cut est même soigné, par un pseudo hidden track (ce qui, sur un album digital relève de la magie pure ou du foutage de gueule) qui nous distille un gros sample bien crade avec juste quelques secondes de barouf balancé à la hâte (« Bastards ! »), et puis, une fois qu’on est tombé sur un gros pavé comme « Cut You To Pieces » qui déterre Jim Morrison pour le faire danser une dernière fois sur du gros Heavy Rock à la NASHVILLE PUSSY, nichons gratuits en cadeau (mais en saluant quand même Juan Piquer Simon au passage), on a tendance à tout accepter…Le genre de ballade à la House of 1000 Corpses, qui finit forcément mal, puisque le guide ne vous veut pas que du bien, mais un bon gros Hard vintage qui se souvient de la science du riff pas trop exact, qui affronte des instruments de torture divers (taille-haies, tronçonneuse, faux, tondeuse), et qui finalement boit dans toutes les écuelles pourvu qu’elles soient souillées.

Mais honnêtement, de la pochette aux chansons, des références aux frissons, ici, c’est du bon, soigné aux petits oignons par de vrais passionnés qui en plus savent jouer. Alors certes, le Hard/Heavy manque de finesse, mais reste à l’image des films qu’il confesse, avec ces effets Gore pas toujours pleins d’efforts, mais qui fonctionnent pourvu qu’on soit d’accord.

Et puis, avouez-le. Aussi pourris soient ils parfois, vous aussi vous les aimez ces films de série B avec leur tarés affamés et leurs victimes dépenaillées au sein léger. Moi aussi, et je m’en repais.

Alors allez y foncez. Puisque Splatter Generation n’est rien d’autre qu’un prétexte/hommage même pas déguisé. Et puis Fulci, Cozzi, Vibenius, Danzig, les Pussy…

Ça devrait vous suffire pour avoir envie de retrouver votre vieux scope fatigué non ?