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D-Beat Hjerte Records - D-beat/Hardcore - Norvège - 10 Mars 2016 - 7 titres – 8 minutes

No Bullshit. 

Ça pourrait légitimement être le leitmotiv de ce quatuor Norvégien de Trondheim, et je suis pratiquement sûr qu’ils cautionneraient. Après tout, on n’appelle pas son premier EP Seven Songs EP lorsqu’on apporte un soin particulier à l’emballage…Ici, seul le contenu est à prendre en compte, et ce contenu est solide comme un hiver norvégien, ou comme un poing tendu à la face d’une société qui nous engloutit chaque jour un peu plus de ses injustices.

Ok, la révolte est donc sonnée, mais par quel moyen ? Sur quelle cloche tapent donc ces pourfendeurs de Hardcore tiède et faisandé ? Selon leur label de distro, celle du D-beat, mais il y a tellement plus dans leur musique que je me refuse à les résumer à ce créneau. Non, les CONCRETE STEPS sont juste un très solide groupe de HC qui a subtilement accéléré le tempo pour s’éloigner un peu du Rock N’Roll et se rapprocher du Punk. 

Four dudes, fast tunes.

 

C’est leur crédo, et il est vrai, à n’en point douter. Il faut dire qu’avec sept morceaux pour une minute de plus, il faut foncer et ne pas se poser de questions. Il sera toujours temps de les exposer après. Cet EP pressé en 7’’ et distribué par D-Beat Hjerte Records est une sacrée rondelle concentrée en adrénaline et testostérone, qui capitalise sur l’héritage de DC tout en le faisant fructifier dans le terreau D-beat scandinave. Un peu comme si les MINOR THREAT revenaient du royaume des morts la rage au ventre, pour s’adapter aux standards de production Core nordiques.

Alors, ça rentre dans le lard, mais intelligemment. Pas question de se laisser aller à sept charges frontales, Erik (chant), Tord (basse), Adrian (batterie) et Chris (guitare, chœurs) sont beaucoup plus exigeants que ça et manipulent le mid tempo d’acier avec autant d’aisance que le Crust light incendiaire.

 

Evidemment, en huit minutes, pas le temps de s’appesantir, il faut appuyer là où ça fait mal. Alors les gus alternent les saillies Heavy et véhémentes comme un pamphlet de Ian McKaye, et les bourrasques plus instantanées, et plus représentatives de la scène de leur pays. Mais je crois que tout est dit dans le premier titre, qui revendique le statut de « Hardcore Soldiers », et qui n’a aucune peine à nous persuader du bien-fondé de sa théorie. Un peu DISCHARGE/MINOR THREAT dans l’esprit de Crossover, c’est une énorme baffe qu’on prend en pleine face sans avoir le temps de réagir. Timbre de voix à la Animal de ANTI-NOWHERE LEAGUE, rythmique à fond les ballons, et chœurs à la DC qui nous emportent comme un hurlement collectif de stade. 

Et même si « Cover Up » se teinte d’un riff plus sombre, la soudaine accélération remet les pendules à l’heure, et le Hardcore des CONCRETE STEPS retrouve vite son allure bombée, sans pour autant se départir de ces couplets chaotiques.

« CxSxPxVx » affole les vu-mètres et les BPM pour quarante secondes de furie, tandis que « Holyday In Paris » et sa subtile allusion aux DK reprend là où les trois premiers titres nous avaient laissés. Alternance de D-beat et de Punk Hardcore tendu comme un rebelle face aux CRS, impression que confirme « My Songs II » qui ne décélère pas la cadence. Petite provoc’ pour « Hardcore Makes Me Sick », qui débute par un lourd mid tempo soutenu par une basse ronde et épaisse, et qui reste d’ailleurs campé sur ses positions. Et le tout se termine sur « Dead City Blues », dans une ambiance très « This is DC man, not Boston », avec riffs gras et rythmique à bout de bras.

 

Comme je vous le disais, tout n’est pas D-beat sur ce premier EP, loin de là. Les CONCRETE STEPS montent les marchent une à une et tapent leur pied sur le béton, avançant rapidement mais prudemment, et se sevrant de toutes les influences Core historiques à leur disposition. Une entrée en matière virile mais futée, qui sait manier la modulation pour arriver à un résultat unique, nous mettre à genoux. 

Mais c’est ça le Hardcore baby, fast and loud. Qu’il soit de Trondheim ou d’ailleurs.