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Grimoire Records - Powerviolence - USA - 12 Mars 2016 - 14 titres – 14 minutes

On se plaint tout le temps que les AC/DC nous refourguent leur binaire à longueur d’albums (bon, depuis quelques temps, on se plaint aussi de pas mal d’autres trucs, mais on ne va pas encore relancer la polémique), mais à dire vrai, leurs quasi homologues ricains n’ont rien à leur envier. Certes, Los Angeles et l’Australie, c’est pas tout à fait la même chose, mais à croire que le mimétisme ne connaît pas de frontières, puisqu’au moment d’aborder la presque dernière livraison de nos boucaniers US préférés, la question peut sembler d’importance. 

Je ne vous ferai ni le panégyrique ni la bio hygiénique des ACXDC, puisque si vous les connaissez, vous vous en tapez royal. Si vous ne le connaissez pas non plus aussi d’ailleurs, puisque si vous avez fait l’impasse jusqu’à aujourd’hui malgré leurs treize années d’existence, c’est que la question ne vous concerne pas. Mais au cas où vous soyez sacrément étourdis, sachez que les ANTICHRIST DEMONCORE (leur nom officiel sur les sites un tant soit peu sérieux) sont une bande d’agités du bulbe Powerviolence qui répandent leur bruit sur une myriade de sorties chaque année, à tel point qu’ils se sentent obligés de tout regrouper en compilations à un rythme déraisonnable.

Oracles Of Death ne fait pas exception à la règle, et se présente comme une synthèse de quelques EP et autres lives parus à intervalles réguliers.

 

On y trouve en gros et en détail des morceaux publiés sur le Postcard Flexi EP, sur la tape Beast Coast Tour Tape 2015, sur le Split 7’’ Antichrist Demoncore/Disparo, et bien évidemment, au vu de l’intitulé, les quelques tranches de bruit éditées sous la forme du EP The Oracles Of Death, distribué en disquette (c’est la nouvelle mode dans l’underground…Hipster ou Chipster ? Bonne question…), mais aussi en format digital sur leur Bandcamp. 

Un « nouvel » EP des ACXDC, c’est un peu comme un nouvel ANAL CUNT ou un inédit de TRAP THEM. Aucune surprise, juste du Powerviolence très énervé à tendance Grind affolé, qui fait un max de bordel avant de refermer ses sillons. Vous êtes tous au courant des courants empruntés par les Californiens, et je me demande même pourquoi j’en viens à tenter de disséquer « l’œuvre » puisqu’elle ressemble trait pour trait à tout ce qui l’a précédé dans la discographie des enragés.

Ni pire, ni moins bonne, cette compilation (qui rejoint Discography 03-13, Take Your Cross Off and Join The Crowd ou He Had It Coming/The Second Coming sur les étagères) présente les furieux dans une forme assez olympique, et distille quatorze titres pour autant de minutes de bordel ambiant qui ne recule devant rien pour vous faire trembler.

 

Comme d’hab’, du Crust, du Hardcore, un gros poil dans la main Grind, et le tout secoué façon Powerviolence, mais ça, vous le savez déjà puisque si vous lisez ces lignes, c’est que vous êtes fans comme moi. Il est toutefois intéressant de noter que ce sampler porte le même nom que le EP qui l’a précédé, et la confusion sur le net est assez évidente, puisque la moitié des entrées trouvées vous renverront vers le EP en question. Ceci est anecdotique évidemment, et ne vous empêchera nullement de vous éclater la tête sur ce nouveau chapitre coloré de l’ultra violence Californienne. 

Je ne m’amuserai certainement pas à en disséquer les segments, puisque vous les avez tous déjà captés sur les parutions concernées, mais si un résumé vous sied mieux que de petits cailloux qu’on laisse traîner, alors jetez-vous dessus, histoire d’avoir un bilan de santé à jour de la scène Powerviolence US.

Ça valse entre lourdeur pesante et accélérations foudroyantes, les morceaux dépassent dans le meilleur des cas à peine la minute, et les deux plus longs empiètent légèrement sur les quatre-vingt-dix secondes, ce qui vous fait réaliser l’ampleur du désastre. Du boucan oui, joué sciemment encore oui, mais surtout, aménagé à la sauce du soleil. Mais après tout, irait-on demander à AC/DC de jouer de la Fusion ou du Techno-Thrash ? 

Non.

 

Alors, je ne vois rien de plus à ajouter, si ce n’est que la discographie de nos branleurs chéris commence à devenir pléthorique, et que la cadence n’est pas prête de ralentir. Vous avez les éléments en main, à vous de voir si The Oracles Of Death mérite de tomber dans les vôtres. Sachez juste que les gougnafiers sont actuellement en tournée avec d’autres groupes du cru, et que leur site de vente regorge de nouvelles sorties pas chères et goulues. 

Mais peut-être pourrait-on conseiller à ce cher Axl de venir pousser la chansonnette avec eux ? Je pense que ses miaulements de greffier enroué conviendraient parfaitement à ce dégueulis de pâtée Hardcore mal digéré.