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Powercore - France - 5 Juillet 2016 - 6 titres – 10 minutes

Le type même de EP qu’on prend un plaisir non feint à chroniquer de bon matin. Et non, je ne dis pas ça parce que les gus sont français, je m’en tape complètement. Les nationalités n’ont pas d’importance particulière dans la musique, et un bon disque sera toujours un bon disque, qu’il vienne de Slovénie, du Kamchatka ou de…Lyon. Bon, par contre, des Lyonnais qui vont enregistrer à Marseille, c’est pas banal. Mais j’ai le sentiment qu’avec les DODGE THIS !, les aiguilles ne tournent pas vraiment dans le bon sens… 

Petit tour sur leur Bandcamp pour choper le EP en question, et petit regard sur les infos, le tour est vite fait et le band semble jeune de formation. Celle-ci s’articule autour de Matt (chant), Pedro (guitare), Antoine (basse) et Pierre (batterie), et surtout autour d’une musique franchement enthousiasmante, simple d’apparence, mais jouée avec une belle énergie et un humour communicatif. Les mecs ne tournent pas autour du pot et ne cherchent pas l’aiguille de sérieux dans une meule de DVD de Collaro, et se targuent de pratiquer un Hardcore dit « primesautier », qu’ils qualifient eux-mêmes de LYHC ! Il est toujours de bon ton d’être fier de sa ville et de sa région, mais est-ce que cette ville à des raisons d’être fière de ses trublions ?

La réponse est un oui massif, puisque le quatuor propose en effet un Hardcore salement métallisé et euphorique, qui dispense son lot de riffs accrocheurs, et de morceaux in your face qu’on retient facilement.

 

Powercore, c’est vrai que je me la suis jouée tranquille sur ce coup-là, mais le terme de Hardcore me semblait trop réducteur et incomplet. Les DODGE THIS ont le sens de la fête, et ne souhaitent qu’une seule chose. Que vous vous éclatiez en écoutant leurs morceaux, ce qui est chose aisée puisqu’ils sont tous branchés sur le triphasé d’une party qui risque bien de durer toute la nuit, pour peu que vous jouiez leur EP au moins une bonne centaine de fois. Mais l’ambiance est brulante, la rythmique galopante, et l’humeur du jour assez démente. On sent évidemment une pelletée d’influences que je ne m’amuserai pas à nommer, de l’écurie Epitaph à BIOHAZARD, en passant par une légère touche AGNOSTIC FRONT version fun et pas bégueule. En gros, un énorme Hardcore qui dégage une énergie incroyable, et qui fait vraiment regretter que ce premier rendez-vous soit si vite expédié.

 

Une dizaine de minutes à peine pour six morceaux qui s’incrustent dans vos têtes à grands coups de couplets bien martelés et de refrain hurlés, le tout dominé d’un chant sec un peu ado et d’une gigantesque basse ronde qui brille de toutes ses cordes. C’est du Hardcore certes, versant hyper énergétique, qui ne se prend pas les pieds dans le tapis ni la tête et reste efficace et concis. En outre, le son Marseillais concocté aux Homeless Records sied particulièrement bien à la débauche de décibels proposée par les Lyonnais, et le graphisme offert par Antoine Davy rend cette première réalisation encore plus percutante.

On imagine très bien ce primate, batte de base-ball à la main, corriger les membres du public qui refuseraient de trop bouger, chose pratiquement impossible tant ce Hardcore festif donne envie de trépigner et de headbanger. 

Le résumé de tout ceci est très simple en fait. Soit vous aimez la musique agressive mais joueuse et vous vous éclatez comme des damnés, soit tout ceci vous laisse indifférent et je ne prendrai même pas la peine d’essayer de vous convaincre de la pertinence de la démarche des DODGE THIS. Après tout, le Hardcore peut aussi être joyeux sans verser dans l’Easycore, garder les deux pieds fermement ancrés dans ses racines tout en laissant des branches d’ouverture pousser sur les bras. C’est le cas de nos braves Lyonnais qui doivent mettre le feu live et que j’aimerais bien croiser un de ces jours.

 

Mais si un mélange MADBALL/BAD RELIGION est susceptible de vous séduire, alors foncez avant que ce satané singe ne vous ratatine le nez.