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Death’s Head Distribution - Death Black - USA - 16 Février 2016 - 6 titres – 19 minutes

Une démo, version tape, du DIY, je ne vois pas comment mieux finir un après-midi maussade. Surtout lorsque cette cassette recèle des trésors vintage directement venus des USA. Les ENUCLEATOR contrairement à ce que leur nom semble indiquer, ne sont pas la dernière sensation Vintage Thrash à la mode. Leur truc à eux, c’est plutôt le Black bien velu, bien méchant, et qui sent le BEHERIT à plein nez. Mais pas seulement, puisqu’en plus, ils l’accommodent à une sauce Death bien relevée, histoire de vous en coller plein le nez.

 

Quelques faits avant d’entrer dans les Hadès et autres dédales infernaux. Les ENUCLEATOR sont donc un jeune groupe originaire du Rhode Island, formé d’anciens membres d’AMPUTATOR (ils en voulaient déjà à votre corps…), WITCH KING, CHURCHBURN et SANGUS, et cette démo est leur premier travail en commun. En dehors de ça, pas grand-chose à raconter puisqu’ils ne disposent que d’un Bandcamp peu disert.

Mais après tout, ça suffit bien comme ça.

 

De deux choses trois. Ou vous appréciez le Black très raw, mais audible, et vous ne crachez pas sur un brin de Death vraiment très primaire, ou vous détestez cordialement cette forme d’expression hybride, et vous allez vivre un enfer. Les Américains ne s’embarrassent pas de politesses musicales inutiles, et jouent comme si leur mort éternelle en dépendait. Nous avons donc droit à un véritable déluge de riffs de la grande période HELLHAMMER/early MAYHEM/BEHERIT, à des rythmiques essoufflées, et des vocaux à la Quorthon, le tout agencé de façon intelligible et doté d’une production sauvage, mais tout à fait honorable. 

La batterie sonne crument analogique, avec une grosse caisse libre et sans entrave de compression, la distorsion est bien abrasive comme il faut, et la basse quasiment inexistante. Dans le style, c’est un détail qu’il faut souligner afin de préciser que cette maquette n’est pas la bouillie sonore à laquelle nous avons usuellement droit.

Niveau mélodies, c’est le néant évidemment, mais tant mieux. ENUCLEATOR donne dans le brutal de chez brutal, mais pas dans le non-sens. Leurs morceaux en sont vraiment, répondent à une logique de composition, même si celle-ci est brute de chez brute, et flirte avec des influences morbides bien nostalgiques.

 

D’aucuns utiliseraient des comparaisons avec IMMORTAL BIRD ou MUTILATION RITES, ce qui ne serait absolument pas incongru, mais ces six titres soufflent d’un feu sacré torride, et vous emportent dans leur brasier incontrôlable en moins de temps qu’il n’en faut pour invoquer Satan en personne. Pas de préférence particulière, tout vaut la peine d’être écouté, le produit en question ne durant que vingt petites minutes. Donc si dans le passé vous fondiez (le terme est bon) pour BEHERIT, BATHORY (les albums pré Viking bien sûr), HELLHAMMER ou le MAYHEM le plus primaire, n’hésitez pas, cette démo est vraiment faite pour vous.

Nous avons même droit à quelques entames bien Thrashcore bestial à la SEPULTURA des premiers jours (« Punishment »),  ou à un genre de digression fatale et accélérée sur le SODOM des années 84/85 (« Crucifixion Whore », genre de mélange entre « Witchhammer» et « Volcanic Slut » en version 78 tours). 

Mais bon, je ne vais pas non plus vous pondre un mémoire sur la chose. C’est Black, avec une grosse louche de Death sanglant par-dessus, ça joue très vite mais précis sans être péniblement technique, et ça fait appel au ressenti le plus primal de notre violence intérieure.

En langage clair, ça mule, ça déchire, ça hurle, ça trépigne, et on en redemande.

Alors un album s’il vous plaît, et rapidement.