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Crust Grind - USA - 26 Juillet 2016 - 12 titres – 6 minutes

Ouais, bon, Recouvert de vomi, déjà avec ça vous êtes aux trois-quarts fixés. Douze morceaux, à peine six minutes de bruit, un estampillage Crust/Grind, Philadelphie, la Pennsylvanie, plus de doute possible. On sait le Grind ricain particulièrement violent et abrasif et les BUMFEEDER (les parasites en gros, mais vous l’aurez compris de vous-même) ne font pas exception à cette règle. Avec ce premier EP, ou 7’’ selon ses prochains formats de sortie (si les gus parviennent à en faire quelque chose), Brandon (Axe grinder), Justin (Single pedal monster) et DJ Latfo (Perpetually hung over vocals) frappent fort et très vite, et ne s’embarrassent pas de principes déplacés.

Quant à savoir s’ils vivent aux crochets de leur famille ou des rares potes les approchant encore à moins de dix mètres, le propos n’est pas vraiment là.

 

Selon leurs dires, Cloaked In Vomit a été enregistré bien évidemment dans la cave d’une maison, lors d’une unique séance marathon de trois heures, avec un petit coup de main de Rich et Bildo qui ont été plus ou moins remerciés avec un peu de beuh. Mais ils ont raison après tout, la débrouille ça marche toujours, et quitte à se vautrer dans le Grind pour dégénérés, autant jouer et planer. Ici, on ne plane pas longtemps, et on est plutôt secoué.

Mais la formule est consacrée et leur joyeux bordel ambiant est des plus efficaces. 

Je n’ai pas beaucoup d’infos à vous communiquer, je n’ai trouvé que leur Bandcamp et leur EP en téléchargement sur un Vk, alors à part la musique, pas grand-chose à dire. De ce côté-là, pas de surprises, bonnes ou mauvaises. Des guitares accordées bas, une rythmique qui module entre Crust hargneux et Grind fielleux, de grosses accélérations, de violents ralentissements, pour un Crossover typiquement Américain, qui bénéficie quand même d’une production intelligible.

 

Je ne m’amuserai pas non plus à établir diverses accointances, le style est connu et reconnu, mais dans ce créneau-là, le trio de Pennsylvanie se débrouille plutôt bien et fait preuve d’un savoir-faire indéniable. Douze morceaux pour moitié moins de minutes, ça ne prend pas son temps et ça ne nous fait pas perdre le nôtre.

Alors du mini feedback d’intro du morceau éponyme jusqu’au simple introductif du final « Payback », ça pulse, ça cartonne, ça mélange le flair du Crust Anglais et la méchanceté sournoise du Grind US, et ça ne marque aucune pause, dès fois que l’emprise se relâche et vous permette de fuir. Pas grand-chose à signaler, ça ne révolutionnera pas le landerneau de l’extrême Américain, mais c’est bien foutu, suffisamment fou pour capter votre attention, et puis…C’est du Crust Grind. Je ne vois pas que dire de plus. Ah si, la pochette monochrome est sympa, le son est bon, et quelques riffs un peu doomy viennent corser le tout avant de se faire souffler par une rythmique chafouine (« Empty Threads »). Pour utiliser un raccourci bien pratique, cet EP fait la jonction entre le Crust Anglais de la fin des 80’s, qui était toujours aussi Punk, et le Grind US contemporain, qui aime toujours autant mettre à la colle deux types de chants. 

Voilà, c’était la énième démonstration de violence US du mois, aussi bonne que les autres, et qui se verra sans doute suivie par une myriade de splits, de EP, et tutti quanti.

Si vous êtes fans, comme moi, vous savez quoi faire, et puis c’est gratuit évidemment, sur le Bandcamp de ces méchants.