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Punk Hardcore - USA - 25 Août 2016 - 8 titres – 10 minutes

Pas de quoi se prendre la tête, même si l’été touche à sa fin. Vous savez pourquoi ? Parce que les sources de chaleur et le bonheur peuvent se trouver ailleurs que sous un soleil radieux, et après tout, peu importe les saisons pourvu qu’on ait le son. C’est lui qui donne le ton, pas les apéros à rallonge ou les jeux d’eau. Alors si vous pensez que la rentrée arrive un peu trop vite, je vous conseille de prolonger un peu les festivités en vous dirigeant vers un Bandcamp qui sent bon l’excitation, celle d’un mois d’août qui finalement fut assez torride, ici ou ailleurs. 

Et gageons qu’il le fut du côté de San Diego, Californie. Pourquoi là-bas ? Parce qu’y résident une sale bande de sales gosses qui jouent un sale Hardcore salement teinté de sale Punk qui s’amuse beaucoup des codes et qui joue son destin comme on tente un 421. J’ai déjà employé cette métaphore assez récemment, mais je me perds dans ma propre prose tout simplement parce que les ABNORMAL m’ont bien secoué avec leur premier EP.

On trouve dans les rangs de cette assemblée Ian à la guitare, Erich à la basse, Gabriel à la batterie et la fascinante Elizabeth au chant, pour une première tentative dans un format médium qui laisse des traces sur les chaises de jardin.

Rien de fondamentalement novateur dans leur musique, mais une énergie de tous les diables qui vous rappellera sans aucun doute vos soirs de bitures les plus bizarres.

 

Ici, rien ne s’installe trop longtemps, et c’est l’urgence qui dicte le comportement. Les huit morceaux sont autant d’interludes costauds qui sonnent un peu comme des démos, et mis à part « Mentally Unstable » qui fricote avec les deux minutes chrono, le reste est assez rapide et concis. Le quatuor est en place et bénéficie d’un son capté presque sur le vif qui accentue ce sentiment de hold-up, et si parfois le tempo se la joue médium, les débats s’affolent vite comme une discussion enflammée autour d’un café (« Ideal Implant »).

Punk Hardcore donc, qui rappelle un peu l’approche Espagnole ou Sud-Américaine du style, et qui a su garder en tête les fondements Rock N’Roll du genre. Si les riffs tentent de s’imposer dans le fracas distillé, ce sont bien Elizabeth et ses vociférations endiablées et Gabriel et ses plans bien barrés (« Broken » et sa cowbell bien tarée) qui savent se mettre en avant et donner de l’allant à ce Punk pas vraiment déviant, en imprimant leur patte un peu folle à ce EP qui décolle. 

Pas de choix à faire dans la globalité, c’est comme un sac de champignons, vous ne faites pas de tri et vous gobez. Sauf qu’ici vous n’allez pas planer mais bien coller à la torride réalité d’un Hardcore qui ne fait pas de manières et qui se colle à la légende Californienne du genre. Certes, les plans du kit ne sont pas toujours réguliers ou stables, mais la bonne humeur/rage ambiante permet à ce premier EP de se placer parmi les bonnes surprises de la pas encore rentrée. Certes, je reconnais que la voix d’Elizabeth m’a incité à me montrer particulièrement ouvert, mais son phrasé et sa gorge éraillée apportent vraiment une plus-value à cet effort initial qu’on souhaite vraiment voir très bientôt plus développé.      

Petite préférence perso pour le « Mentally Unstable » déjà cité qui une fois de plus abuse de cette putain de cowbell et de changements de rythme un peu aléatoires, mais qui définit assez précisément la philosophie des ABNORMAL. Et puis quand on opte pour un blaze pareil, c’est forcément qu’on envisage les choses sous un angle différent non ? Tenter l’expérience ironique « Empathy » qui n’en est pas du tout, et tentez de suivre les errances de Gabriel à la batterie, vous verrez, c’est assez rigolo. 

Pour résumer, c’est bientôt fini l’été, mais rien ne vous interdit d’encore vous éclater. Cet EP des ABNORMAL vous y aidera pendant une poignée de minutes, mais c’est toujours mieux que de filer au supermarché choisir les sacs d’école de vos petits déchaînés.

Je trinque à votre santé, moi je reste sous le soleil de Californie. Car après tout, je ne suis pas vraiment normal non plus.