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Punk Hardcore - USA - 27 Septembre 2016 - 5 titres – 18 minutes

Avec tout ce Thrash et ce Heavy, ce Black et tout ce qu’il induit, j’en avais quasiment oublié mon Hardcore au placard.

Avec toutes ces grosses sorties, ces albums recommandés par les labels et agents introduits, j’en avais laissé mes démos dans le tiroir. Mais qu’importe la faute, puisque une fois avouée, elle est à demi pardonnée. Mais pour l’absolution complète, encore faut-il rectifier le tir. Chose faite ce matin en abordant le cas d’un combo malin, et qui finalement, s’ouvre le présent en défonçant la porte d’un passé que personne n’a occulté. Surtout pas les gros fans de Hardcore comme moi, et comme vous évidemment si vous me lisez. 

Le Core, le vrai, animé d’un esprit Punk bien énervé, c’est un art sérieux que les PAYBACK ont bien compris et assimilé. Notant sans doute que celui-ci était de plus en plus assimilé à une mode qu’on arbore en forme de t-shirts RAMONES pour les pétasses à chihuahua, les originaires de Washington D.C ont décidé d’en présenter leur version d’ici, qui n’a rien à envier aux racines d’un style qui n’en finit plus de trouver écho dans la jeune génération. Cette dernière fait preuve d’autant de mordant et de sens de la révolte que ses aînés dont elle a parfaitement retenu les leçons écorchées de guitare qui ne le sont pas moins.

En cinq petits morceaux sur cette première démo, les PAYBACK ramènent à la mémoire la violence des premiers efforts des plus grandes légendes véhémentes, et se nourrissent du legs des MINOR THREAT, BAD BRAINS, YOUTH BRIGADE, IRON CROSS, GOVERNMENT ISSUE pour pérenniser leurs leçons en agressivité majeure doublée d’une lucidité sociale non sans heurts.

 

En résulte un gigantesque Hardcore subtilement métallisé, qui sort la grosse artillerie pour nous faire plier, et nous laisse à genoux, essoufflé, mais heureux d’avoir compris que rien n’était fini. Dotée d’un son plus qu’honnête, cette démo n’est rien de moins qu’un énorme coup de poing dans la face des petits malins qui pensaient encore que le vrai Hardcore était mort, un enchaînement de plans déments et de riffs convaincants, de ligne de chant sec et dément, et de parties rythmiques solides au frappé précis et tonnant. Cinq titres suffisent aux petits jeunes pour nous convaincre de la pertinence éthique de leur démarche, et je dois reconnaître que cette démo 2016 a tout d’un grand EP, de ceux qui frappent l’esprit et l’abdomen sans mépris. 

« PAYBACK est un groupe influencé par les groupes de Hardcore/Crossover de D.C des années 80, avec une légère approche moderne ».

 

C’est l’accroche de leur Bandcamp, et avec ça, tout est dit. Ceux qui pensaient n’avoir affaire qu’à de vulgaires pilleurs de trésors d’époque en seront pour leurs frais. Les mecs sont honnêtes, revendiquent leurs influences, mais les adaptent à l’air du temps pour ne pas usurper leur statut de groupe contemporain à part entière. Alors sur ces cinq morceaux, rien à jeter. Pas de basse côte ni de bourguignon faisandé, juste du Hardcore bien traité et poli pour être légèrement modernisé. L’influence de D.C est évidemment patente, et ce dès l’attaque frontale de « Once Disrespected », qui débute d’une façon tonitruante en balançant la sauce d’un riff salement relevé.

Rythmique qui fracase dès les premières secondes, et c’est parti pour un gros quart d’heure de Core bien tassé, aux entournures un peu brutes.

Guitares en scie circulaire, chant qui garde des forces mais s’époumone quand il le faut, dans la grande lignée des MacKaye et consorts, et duo basse/batterie qui cogne comme si sa vie en dépendait, tout en s’accordant très bien de passages en mid bien appuyés. D’ailleurs, même dans ces moments-là, ne vous attendez pas à une guerre de position mais bien à de gros pains dans l’oignon, puisque PAYBACK ne connaît pas le sens des mots « pause » ou « accalmie ». 

On pense à l’écoute à un compromis bien trouvé entre la génération Dischord et la nouvelle vague des EXPIRE, pour cette façon d’aborder la violence de manière crue tout en laissant des tonalités franchement Metal prendre souvent le dessus. D’ailleurs, un titre comme « Raging Focus - Hated With Respect » le prouve sans ambages, flirtant avec la transition Crossover des SUICIDAL et le lapidaire écorché des THREAT, sans pour autant négliger l’épaisseur du vingt-et-unième siècle. La tension se maintient du début à la fin, fin représentée par le gros pavé sombre « Ego trip », méchante cover des GUT INSTINCT, qui clôture ce premier exercice de la meilleure façon qui soit avec son crescendo rythmique suffocant. 

Le passé tourné vers l’avenir, les espoirs se nourrissant de souvenirs, c’est un peu le meilleur résumé qu’on puisse faire de cette première démo incendiaire. De quoi me ramener rapidement vers cet underground que je chéris tant, et que j’avais un peu trop laissé de côté sans vraiment le noter. Mais tout ça m’avait manqué. Alors merci aux PAYBACK de m’y replonger, et sans savoir quel revanche vous cherchez, ou quel remboursement vous souhaitez encaisser, avec un truc pareil dans la musette, gageons que personne ne pourra vous résister. 

Hardcore once, Hardcore forever. C’est une devise comme une autre. This is D.C man !