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Cracked Core - Australie - 20 Avril 2016 - 9 titres – 11 minutes

Non mais là, il va falloir arrêter d’inventer des styles les mecs…Vous pensez sans doute qu’il n’y en a déjà pas assez ?

Non ?

Vous êtes exigeants, mais pénibles. Si, si, pénibles. Allez, on se casse, direction l’Australie, Sydney en l’occurrence, quoique ce nouveau trio n’ait pas grand-chose à voir avec le hip-hop ni le smurf.

Ça pourrait être marrant pourtant.

 

L’avantage de ce genre de sorties, c’est qu’elles sont faciles à chroniquer. Des billevesées sur le Bandcamp, pas de page FB, surtout pas de site officiel, tout ça, ce sont des conneries. Et des conneries, on en trouve dans leur bio.

Hennaz (chant, guitare), Bezzi (batterie) et Ball (basse), se prétendent les inventeurs du Cracked Core, sauf que personne à part eux ne sait ce que ça signifie. Ils taggent le Powerviolence, le Death, le Grind, et le Hardcore, mais il parait plus raisonnable de les rattacher à cette dernière catégorie sous peine de devenir fou. Car en l’état, ils jouent en effet un joli mix de toutes ces influences, pas par étapes, mais en mélangeant tout pour obtenir ce qu’ils doivent appeler du Cracked Core en effet. 

Alors ça se résume comment tout ça ?

 

Par des rythmiques étranges, qui passent constamment du mid tempo aux blasts de bargeot, par des riffs parfois Métal, parfois Core, parfois en effet plutôt Grind, et par un chant bizarre, qui plonge dans les affres d’un Death de guingois avant de se ressaisir de quelques harangues Core de traviole. Avouons aussi que le trio n’est pas vraiment du genre à vous faciliter la tâche. Sur la page FB du label Noisebleed Records qui visiblement s’occupe de leur promo et risque de sortir leur EP en version physique, les DURRY présentent CrackedxCore comme une grande poêle dans laquelle ils ont frit pendant plus de dix minutes.

Ils en sont visiblement ressortis sous la forme de beignets bien croustillants…

 

Alors, comme ils l’affirment, leur EP s’adresse à tous les crétins, les abrutis, les connards, les chiens cuisinés, les œufs frits, quoique je doute que ces deux dernières catégories soient vraiment intéressées par leur raffut. Et du raffut ils en font. Il est pluri-forme et assez captivant dans la forme, puisque le fond se veut délibérément nimp’ sur les bords. Neuf morceaux, onze minutes, de quoi se taper un bon apéro bien musclé, et ça n’est pas peu dire. Comme je le précisais, pas la peine de se faire chier à essayer de comprendre par A + B le leitmotiv des Australiens, puisque je ne suis pas sûr qu’ils en aient un.

Prenons la chose telle qu’elle est, et ça sera déjà pas mal.

 

Sous le soleil Austral, la chaleur tape fort et cogne le cerveau, ça doit sans doute être pour ça que CrackedxCore ressemble à tout et n’importe quoi. Il commence par une intro progressive, avant de privilégier des riffs précis, un peu dans le genre HELMET, mais comme dirait la pub, ça c’était avant. Parce que ça se barre vite en coquille dans un genre de Powerviolence à tendance Black, et hop, on revient au thème principal en douce, sans oublier de pousser quelques grognements bien Death. 

« Smoke » ressemble à du UNSANE repris par des types qui ne connaissent pas le groupe et qui le confondent avec NAILS, alors que « Cones » (qu’ils conseillent d’ailleurs de fumer régulièrement les galopins) se contente d’un Hardcore un peu velu mais bien joué quand même. « Aye », blague à la « E » de WEHRMACHT plombe deux secondes, avant que « Rezzies » ne se pense plus Black qu’un bracelet clouté de Nocturno Culto. Et puis, comme d’habitude, ça dérive et on se sent un peu perdu dans un Hardcore sombre et néanmoins rigolard. 

« Stink », c’est du Mathcore de feignasse, et encore je suis gentil, alors que « Mingestroni » pompe un peu l’ambiance du « Abolish Government » de T.S.O.L dans son lick de guitare, pour finalement virer Grind. Soit. Ne reste plus que le pauvre final « Friedog », qui lui se vautre dans une fange Thrashcore qui pue le chien cuit dans un restau chinois.

Et encore une fois, on abandonne les plans pour balancer un Core qui hurle et gesticule sévère. 

Comme vous le constatez, la linéarité n’est pas de mise sur ce premier EP, le sérieux non plus. Ce qui n’empêche pas ces tarés de jouer très sérieusement, et de nous faire valser pendant dix minutes d’un bord à l’autre.

Alors que dire, que faire, et comment conclure cette affaire ? 

Je n’en sais rien et n’en ait cure. Ecoutez, vous verrez bien. Moi, j’ai à faire.