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Powerviolence - USA - 11 Juin 2016 - 6 titres – 5 minutes

« Cet album est un témoignage du dédain que nous ressentons pour notre gouvernement et toutes ces multinationales qui tirent les ficelles de ces pantins qu’on nous présente comme étant nos représentants. Notre voix en tant que groupe ne porte certes pas très loin, mais nous hurlons notre message avec fierté et nous refusons de rendre les armes même si on nous critique ou qu’on nous vilipende » 

We, the people.

 

C’est un peu la devise de ces originaires de Lancaster, Pennsylvanie, qui avec ce premier EP parviennent sans peine à se faire entendre. Période électorale oblige, la voix du peuple commence à salement résonner, entre la candidature d’une ex-première dame plus que favorable aux conflits du Moyen-Orient et un milliardaire à postiche qui ne jure que par le Dieu colt et ses balles xénophobes. Que choisir entre Charybde et Scylla ? La voie centrale, celle des Américains moyens qui n’ont pas oublié ce que le mot « démocratie » veut dire.

 

Je n’ai pas plus d’information à vous divulguer sur les LURKER, mis à part que selon leur Bandcamp, cet EP est leur première production, et qu’elle frappe très fort. Les Pennsylvaniens évoluent dans un créneau Powerviolence très efficace, qui ne cherche pas à révolutionner le genre, mais plutôt à le porter à un certain paroxysme pour être sûrs que leurs slogans seront entendus. 

Difficile d’être disert en parlant d’un EP qui ne dure que cinq minutes et ne propose que six morceaux, puisque après tout, c’est surtout la musique qui se montre explicite. Je pourrais tout au plus vous dire qu’ils vous offrent sur un plateau une jolie reprise de DROPDEAD (« Prison »), et que cette simple incartade extérieure en dit long sur leurs influences.

 

Celles-ci se situent dans un créneau Powerviolence très cru, à cheval sur un Grind très échevelé, mais sans pour autant perdre le contrôle et se barrer en couille. Le guetteur peut éventuellement se situer dans une veine radicale similaire à celles des GETS WORSE en moins tordu, ou des MIND ERASER en moins dru, sans aller jusqu’à tutoyer les SEA OF SHIT et leur violence incongrue. En gros, la norme Powerviolence dans toute sa splendeur et son exubérance, modérée il faut l’avouer, mais quand même bien chafouine. 

Un seul morceau dépasse la minute, « Cognitive Dissonance », qu’ils entonnent de concert avec Richard Gonzales et qui se montre étonnement puissant quoique se carapatant très vite sur un rythme Grind peu complaisant. Mais avec un refrain médium très efficace, il est quand même possible d’y voir le « hit » de ce premier EP.

Le reste consiste en une poignée d’originaux (quatre), qui distillent pendant quelques secondes un Powerviolence dense et efficace, tout en restant sous la barre des trois minutes, intro/outro comprises. Alors oui, ça joue vite, mais ça en profite quand même pour placer pas mal de breaks efficaces, des ralentissements drastiques et écrasants (« Eternal Sleep »), tout en collant idéologiquement au laïus de préambule qui donne le ton de leurs convictions. 

Pas grand-chose d’autre à déclarer monsieur l’agent, mis à part que cette époque historique très trouble est assez propice à l’émergence de groupes comme LURKER, qui en ont assez qu’on les prenne pour des moutons…qu’ils ne sont pas. Mais les moutons commencent à bêler très fort et ne sont pas forcément d’accord pour se faire tondre. D’où une musique violente, crue et directe.

Et tout ça fait un bien fou. Sauf que la prochaine fois, il faudra peut-être revenir avec un album plus conséquent.

Vous avez suffisamment de potentiel les gars pour vous étaler sur un LP après tout.