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Putrefa Records - Grind live - Brésil - 28 Juillet 2016 - 22 titres – 22 minutes

Du Grind d’accord. Du Grind Brésilien, j’adore. Mais du Grind Brésilien capté en live avec les moyens du bord, s’en priver serait un tort.

Grave.

Mais ne vous inquiétez pas, puisque les responsables de Putrefa Records ont pensé à vous en enregistrant un gig des locaux de MIND ROT. Alors attention, nous n’avons pas affaire-là à des cadors, mais bien des jeunes musiciens fraichement regroupés qui proposent donc là à la volée quelques titres bien enlevés. Tellement d’ailleurs, qu’il est parfois compliqué de savoir s’ils jouent quelque chose…

 

Tout le monde sait qu’avec de petits moyens, enregistrer un groupe de Brutal Grind en concert est quasiment un suicide auditif. Mais en même temps, si vous souhaitez ressentir l’ambiance de ces petits sets dans de petites salles, sans avoir le sentiment qu’on a un peu trop retravaillé la bande, alors R.I.P. Bartolomeu est vraiment fait pour vous. Sans aucun dénigrement de ma part, le son est à peine au niveau d’un bootleg des PISTOLS enregistré en 76, et un énorme bourdonnement accompagne nos amis du jour du début à la fin de leur concert. Sans oublier les larsens, la basse uberdosée, et la batterie si aigue que les poils de mes oreilles en ont subi une permanente. Mais le Grind local vivant, c’est aussi ça, et j’avoue que j’aime assez. 

Niveau infos, rendez-vous sur la page Facebook du groupe. Sachez quand même qu’ils disposent d’un Soundcloud un peu fourni, qu’ils se sont formés en 2016, et qu’ils sont en formule power trio. Je les ai dénichés en tombant sur une pub sympathique de leurs collègues de DON RAMON (que j’avais déjà chroniqués en temps et en heure), et…c’est bien tout ce que je peux raconter.

Evidemment tout ça sent le DIY à plein nez et c’est tant mieux. Il est relativement facile de dire que les MIND ROT font beaucoup de bruit, qu’ils jouent du Grind (quand on parvient à discerner quelque chose), quant à parler de la pertinence de leur approche bruitiste…le son global ne le permet pas vraiment.

 

Outre le bourdonnement permanent, la distorsion est vraiment trop loud, et les larsens un peu trop fréquents. Mais leur bourrinage en règle prend parfois des allures de bon Fat Grind des familles, option Amérique du Sud, et j’avoue que caser pile vingt-deux morceaux en vingt-deux minutes est un sacré challenge qu’ils ont relevé. Ne le cachons pas, j’attends quand même une version studio pour juger de leur potentiel (les titres présents sur leur Soundcloud ont quand même tout d’une démo at home…avec tout ce que ça implique), mais tout ça sent bon le Brutal Grind un peu paillard qui ne se refuse pas quelques blagues et autres calembours. 

Sinon, même en glosant encore pendant des heures histoire de gagner quelques signes, je ne vois pas trop ce que je pourrais ajouter.

C’est de l’amateur qui fleure bon le bruit des caves, du Grind qui est joué à fond et à fond, et qui finalement fait très mal aux oreilles une fois le son un peu trop poussé. Mais vous pouvez y jeter une oreille, c’est un témoignage de la scène extrême Brésilienne, et puis c’est assez rigolo de se croire en plein milieu d’un bar de Sao Paulo sans bouger de chez soi.

 

Attention tout de même à vos tympans. Ces trois-là ne leur veulent pas que du bien.