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Hardcore/Powerviolence - Brésil - 25 Juin 2015 - 7 titres – 8 minutes

Vous n’êtes pas sas savoir qu’un excellent groupe de Hardcore mené par une chanteuse à toutes les chances de me faire fondre. Attention, je ne parle pas du physique de la dame en question, mais bien de sa voix. Rien ne me fait plus fondre qu’une passionaria qui hurle dans un micro tandis que les musiciens balancent la sauce en arrière-plan.

Oui, chacun ses vices, et je revendique haut et fort les miens.

Alors aujourd’hui, j’ai une fois de plus été comblé par une bande de Brésiliens qui vocifèrent comme de beaux diables, mais dont l’histoire semble simple et complexe à la fois.

 

Selon leur bio, les CRIATURAS DE SIMBAD sont nés aux alentours de 2001 sous la forme d’un quatuor, forme qui est toujours leur. Ils existeraient donc depuis quinze ans, et pourtant, Personificação Do Mal, si l’on en croit le laïus présentatif balancé sur leur page Facebook et leur Bandcamp serait leur première…démo.

Ben alors les mecs, vous avez fait quoi entre temps ?

L’histoire nous dit que pendant toutes ces années, ils ont joué un peu partout dans leur région, qu’ils se sont fait des amis, et qu’ils n’ont jamais trahi l’allégeance à une forme de Hardcore très brut, qui d’ailleurs, tire en plus d’une occasion vers le Powerviolence.

 

Nous retrouvons donc sur cette Personnification du Mal Izan Billy (batterie), Betinho (guitare), Irado (basse) et Carina Murakami (chant), mais surtout, sept morceaux sans concessions qui n’hésitent pas à piocher dans le répertoire classique du Hardcore à tendance violente. C’est très dru, très direct, très abrasif, la production un peu DIY ajoute un parfum authentique à l’ensemble, et c’est surtout très prenant, comme un gros direct au foie d’un lourdaud qui s’approche un peu trop près de la scène. Difficile de comparer les Brésiliens à d’autres têtes d’affiche, mais pour faire simple, disons qu’ils se situent dans une moyenne haute d’agressivité sur la scène lusophone, et que le Brésil n’a pas à rougir de leur appartenance. 

Ça joue en rangs serrés, ça ne relâche jamais son étreinte, et ça va très vite sans oublier de placer quelques breaks bien Heavy et sales sur le chemin  (« Canceroso »). La rythmique est efficace, le son des guitares un peu trop saturé et grave, la basse inaudible et le chant un peu en arrière, mais globalement, c’est foutrement efficace et parfois même un peu bordélique comme on aime (« Acossado », la bride est un peu lâche mais ça fait des tâches et on aime ça). Sept titres en une minute de plus, pas le temps de se perdre en route, d’ailleurs cette démo connaît quelques pics d’intensité aussi brefs que lapidaires (« Confrontar », pas loin de l’ultraviolence, « Evoluindo Para Pior », vingt secondes de barouf). 

Quoiqu’il en soit, on ne dépasse jamais les deux minutes, et on se perd même parfois dans quelques blasts salement saignants (« Jeitinho Brasileiro »), avant de terminer le travail de sape par un titre furieusement Hardcore qui cavale sur tous les bords en frisant la chute rythmique fatale assez régulièrement (« Mundo Movediço », un peu foutoir mais sans bavoir).

 

En gros, une excellente première démo, esprit DIY, avec une chanteuse qui peut se montrer assez effrayante dans ses interventions, et un gros Hardcore à tendance Powerviolence qui ne fait pas dans la dentelle. Tout ça donne clairement envie de voir le groupe live, même s’il y a peu de chance qu’on l’aperçoive un jour en dehors de ses frontières.

Mais si d’aventure vous vous retrouviez en plein cœur de Belem, regardez bien les affiches de concert sur les devantures des troquets locaux.

On ne sait jamais, des fois que vous trouviez votre téquila trop fade.