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Ninja Grind Fastcore Powerviolence - Serbie - 15 Septembre 2016 - 8 titres – 8 minutes

Nom : MUTOGEN.

Provenance : Serbie

Intérêts : La mutation et les envahisseurs extra-terrestres

Influences : Teenage Mutant Ninja Turtles, Cause For Effect, Assuck, Nasum, Fuck On The Beach, Poison Idea, Inepsy, Discharge, Sedition, Discordance Axis, Toxic Holocaust, Midnight, Scatha, Pig Destroyer and Gallons of Beeeerrrrrrrr

Style : Ninja Grind Fastcore Powerviolence

Membres : Oroku Saki – chant, Baxter Stockman – basse, chœurs, Casey Jones – guitare, Miyamoto Usagi – batterie, chœurs

Appellation contrôlée : Anti-Fascist Mutant Grind

 

Oui, veuillez m’excuser pour cette présentation un peu scolaire, genre les feuilles A4 pliées en deux avec votre nom marqué dessus pour que le prof fasse plus ample connaissance. Rassurez-vous, je ne vous demanderai pas le travail de vos parents ni votre adresse, tout ça ne me servirait à rien. Mais j’ai planté le décor de façon un peu formelle, et à la rigueur, j’aurais pu m’arrêter là et vous dire d’écouter cet EP en gardant ces données en tête.

Mon travail eut été accompli. Mais…

J’aime développer, c’est mon défaut et vous le savez.

 

Alors quid de ces nouveaux barbares qui visiblement, s’amusent beaucoup à faire un maximum de boucan ? Pas grand-chose évidemment, mis à part qu’ils viennent de la belle ville de Belgrade, et qu’ils ont déjà publié un premier EP en 2015, sobrement intitulé Baci 9, proposant neuf morceaux de barbaque pas vraiment fraiche qui remplissait bien l’estomac en laissant quelques séquelles. Le quatuor semble affectionner les pochettes vert fluo, mais aussi une sorte de Crossover maléfique entre Crust, Death, Powerviolence et Grind, histoire de faire encore plus de bruit que leurs homologues Américains ou Anglais. Et d’ailleurs, en termes de puissance foutraque, ils pourraient en remontrer à bien des références installées. 

Tout ça n’est évidemment pas très original, mais bien saignant et bien violent. En huit minutes et autant de bas morceaux, les Serbes font le tour de la question extrême en pratiquant un barouf dit « de l’Est », c'est-à-dire sans aucune empathie pour une quelconque forme de mélodie. Les influences qu’ils revendiquent sont assez bien senties, et l’allant dont ils font preuve est assez enthousiasmant. Certes, les titres se contentent de la minute réglementaire, dispensent quelques traces d’humour assez gras, mais les qualités rythmiques du combo le rapprochent d’un BRUTAL TRUTH assez joueur ou d’un NASUM pas forcément à l’heure, et cet EP finit par remporter l’adhésion par l’entremise d’un enthousiasme et d’une diabolique précision.

A la lisière du Thrash parfois, mais complètement Grind dans l’esprit, ce Osuđen na Mutogen ne causera pas de séisme jusqu’en Europe de l’Ouest, mais saura tailler une grosse faille reliant Belgrade à New-York ou Boston, en secouant un sacré mélange détonant de tout ce que l’underground peut proposer de plus méchant et probant.

 

Impossible de deviner ce que tout ça pourrait donner en version longue durée, mais la brièveté sied bien à nos MUTOGEN mutants du jour, qui n’hésitent pas à abuser des chœurs radioactifs pour retrouver l’esprit toxique du Grind le plus festif (« Kad Razmislimo, Oklevamo » sacrée cover des ANALKI KARAKTER). Leur propre vision de l’ultraviolence musicale n’est pas non plus dénuée d’intérêt, loin de là, et leur ballet étourdissant de Crust et de Grind sait faire tourner le volant dans le fossé pour bien nous entamer. La bonne humeur est de rigueur, mais sans pour autant occulter un certain sérieux dans l’exécution, ce qui rend tout ceci hautement exportable. 

Dotés en outre d’un son très correct qui permet à leur Crust sautillant de rester bondissant (« Grčevi », reprise cette fois-ci des CRUSTAVCI), et précisons en passant d’ailleurs que la moitié de ce nouvel effort est assemblé d’emprunts à des groupes dont la légende n’est pas forcément parvenue jusqu’à chez nous. Outre les deux exemples déjà cités, on retrouve aussi des hold-up de NAKOT et HELLTARD, ce qui découpe Osuđen na Mutogen en deux, moitié originaux et moitié restes passés au réchaud. 

Mais ça fonctionne, même si un peu de rab’ n’aurait pas été de trop. Huit minutes de bourrinage en règle passent trop vite, et les Serbes ont intérêt à revenir dare-dare avec du matos neuf, histoire qu’on ne les prenne pas pour de vilains pillards un peu feignasses sur les bords. 

Mais attention aux doses homéopathiques. Au-delà, la posologie peut s’avérer dangereuse et vous transformer en créature hirsute et bavant, prête à massacrer des standards du Metal la serpillère à la main. Mais pour affronter une équipe de ninjas Powerviolence, ça peut être utile.

Pas sûr néanmoins que l’effet soit réversible.